166 podcast – Catherine Gueguen : Comment aider les enfants à grandir avec confiance grâce aux neurosciences

Catherine Gueguen

Catherine Gueguen pour le podcast Pourquoi pas moi à l’occasion du congrès Innovation en Education.

Pédiatre de formation, Catherine Gueguen s’est progressivement spécialisée dans un champ encore trop peu connu du grand public, mais pourtant essentiel : les neurosciences affectives et sociales.
Depuis des années, elle œuvre à faire connaître l’impact fondamental des émotions, des relations et de la sécurité affective sur le développement de l’enfant… et sur l’adulte qu’il devient.

Dans cette interview, nous allons parler de cerveau, bien sûr, mais surtout d’émotions, de relations, d’empathie, de respect et de ce que la science nous apprend sur la façon d’accompagner les enfants — à la maison comme à l’école — sans pression inutile.Je ne vous en dis pas plus, je vous souhaite la bienvenue dans l’univers de Catherine Gueguen.

Pour écouter l’épisode de podcast avec Catherine Gueguen sur SPOTIFY DEEZER APPLE PODCASTS YOUTUBE et ici ☟

Dans cet épisode :

Catherine Gueguen nous partage :

  • Comment l’empathie et le soutien favorisent le bon développement du cerveau de l’enfant
  • Pourquoi les humiliations verbales et physiques, même banalisées, peuvent avoir des conséquences profondes
  • Des pistes simples pour accompagner les émotions des enfants au quotidien, à la maison comme à l’école.

Ce qu’il faut retenir de l’interview avec Catherine Gueguen

Cet échange nous rappelle que l’éducation n’est pas une question de perfection. C’est une question de présence, de conscience et de relation.

Catherine Guéguen le dit clairement :
“Les neurosciences affectives et sociales confirment ce qu’il faut pour qu’un enfant se développe bien.”

Et ce dont un enfant a besoin est à la fois simple et immense : être compris dans ses émotions, soutenu dans ses efforts, encouragé, respecté, et ne pas être humilié.

Elle invite aussi à déplacer le regard. Quand on met un enfant au coin ou qu’on l’isole dans sa chambre pour le punir, elle pose cette question très forte :
“Qu’est-ce que vous ressentiriez si votre conjoint vous mettait au coin ?”

Cette phrase crée un déclic.
Pourquoi certaines choses nous semblent-elles inadmissibles entre adultes, mais acceptables avec les enfants ?

L’épisode interroge profondément notre rapport au pouvoir, à l’autorité et au respect.

Il parle aussi d’alignement. Pour Catherine Guéguen, être aligné, c’est connaître ses propres besoins et les mettre en œuvre.

Et cette phrase résonne pleinement avec la philosophie de Pourquoi pas moi. Parce que l’alignement ne commence pas toujours par une grande décision. Il commence souvent par une écoute plus fine : de soi, de son corps, de ses émotions, de ses besoins… et de cette petite voix qui sait quand quelque chose sonne juste ou non.

Les neurosciences affectives et sociales : comprendre le cerveau relationnel de l’enfant

Les neurosciences affectives et sociales étudient les émotions, les sentiments et les relations au niveau cérébral. Autrement dit, elles nous aident à comprendre comment la qualité du lien influence le cerveau.

Ce que rappelle Catherine Guéguen, c’est que l’enfant a besoin d’adultes empathiques. Des adultes capables de comprendre ses émotions, ses besoins, de l’encourager et de le soutenir.

Cela ne veut pas dire tout accepter.
Cela ne veut pas dire ne jamais poser de cadre.
Cela veut dire poser un cadre sans humilier, sans rabaisser, sans faire peur.

Parce qu’un enfant n’est pas un adulte miniature. Son cerveau est en construction. Ses émotions peuvent le traverser avec une intensité immense. Lorsqu’il crie, pleure, se met en colère ou se ferme, il ne cherche pas toujours à provoquer. Il exprime souvent quelque chose qu’il ne sait pas encore réguler seul.

C’est là que le rôle de l’adulte devient essentiel.

Non pas pour contrôler l’enfant.
Mais pour lui prêter, peu à peu, sa capacité de régulation.

L’enfant apprend à se calmer parce qu’il a d’abord été calmé.
Il apprend à se respecter parce qu’il a été respecté.
Il apprend à mettre des mots sur ce qu’il ressent parce qu’un adulte l’a aidé à le faire.

C’est une idée simple, mais puissante : la relation construit.

Pourquoi l’humiliation abîme plus qu’elle n’éduque

L’un des messages les plus forts de cet épisode concerne les humiliations verbales et physiques.

Catherine Guéguen insiste : il faut arrêter d’humilier les enfants verbalement et physiquement. Elle rappelle que les humiliations peuvent avoir des conséquences sur le développement du cerveau, sur le comportement, et peuvent être liées à de nombreuses difficultés psychiques ou relationnelles.

Et parfois, l’humiliation ne ressemble pas à ce que l’on imagine.

Ce n’est pas seulement une violence spectaculaire.
Cela peut être une phrase : “Tu es bête.”
Un ton méprisant.
Une mise à l’écart.
Une punition qui isole.
Une comparaison répétée.
Une étiquette qui colle à la peau.

Le problème, c’est que l’enfant finit parfois par confondre ce qu’il a fait avec ce qu’il est.

Il n’entend plus : “Ton comportement n’est pas adapté.”
Il entend : “Je ne suis pas aimable.”
“Je suis nul.”
“Je déçois.”
“Je ne suis pas à la hauteur.”

Et beaucoup d’adultes portent encore ces phrases en eux.

C’est aussi là que cet épisode dépasse largement le sujet de l’éducation. Il vient toucher notre propre histoire. Nos blessures. Nos automatismes. Les mots que nous avons reçus, et ceux que nous répétons parfois malgré nous.

Changer de posture avec un enfant, ce n’est donc pas seulement apprendre une méthode éducative. C’est parfois commencer à réparer une chaîne.

L’empathie commence aussi par soi, selon Catherine Gueguen

Un autre passage essentiel de l’interview concerne l’empathie.

À la question “comment cultiver l’empathie ?”, Catherine Guéguen répond que l’empathie commence d’abord par soi-même : être bienveillant envers soi, s’encourager, se parler comme à son meilleur ami.

C’est un point fondamental.

On demande souvent aux parents, enseignants, éducateurs ou accompagnants d’être patients, disponibles, calmes, à l’écoute. Mais comment offrir de l’empathie quand on est soi-même épuisé, isolé, jugé, débordé ?

Catherine Guéguen rappelle l’importance de ne pas rester seul. Élever un enfant peut être merveilleux, mais aussi très complexe. Il est donc essentiel de s’entourer, de parler, de demander du soutien, de pouvoir confier son enfant quand on traverse un moment difficile.

Ce message est précieux, car il enlève une couche de culpabilité.

Vous n’avez pas besoin d’être un parent parfait.
Vous avez besoin de soutien.
Vous avez besoin de lien.
Vous avez besoin d’espaces où déposer ce que vous vivez.

Et peut-être que la première forme d’empathie à cultiver, c’est celle-ci : arrêter de se parler avec dureté.

Voir ce que l’on fait déjà bien.
Noter les qualités de son enfant.
Noter les qualités de son conjoint.
Noter aussi les siennes.

Parce qu’à force de ne voir que ce qui manque, on finit par oublier tout ce qui existe déjà.

Catherine Gueguen : Les émotions ne sont pas un problème à corriger

Dans cet épisode, Catherine Guéguen rappelle une idée très simple : il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises émotions. Il y a des émotions agréables et désagréables. Et toutes nous permettent de mieux nous connaître.

C’est une phrase que beaucoup d’adultes auraient eu besoin d’entendre enfants.

Combien de fois avons-nous appris à ravaler notre colère ?
À cacher notre tristesse ?
À avoir honte de notre peur ?
À sourire alors que quelque chose à l’intérieur disait non ?

Accompagner un enfant dans ses émotions, ce n’est pas lui demander de se calmer immédiatement. Catherine Guéguen explique que face à la colère, il ne faut pas “sauter sur l’enfant” tout de suite. Il faut le laisser redescendre, puis lui demander s’il a envie de dire pourquoi il est en colère.

Ce point est essentiel : l’enfant n’a pas toujours envie de parler tout de suite. Comme nous.

Parfois, il a besoin de temps.
De silence.
De présence.
D’un adulte qui ne panique pas devant son émotion.

Une piste simple proposée dans l’épisode : parler des émotions naturellement, le matin au petit déjeuner ou le soir au repas. Demander : “Comment tu te sens là, maintenant ?” Montrer qu’on peut être traversé par plusieurs émotions dans une même journée.

C’est une pratique simple, mais elle peut transformer la culture émotionnelle d’une famille ou d’une classe.

Elle dit à l’enfant :
“Ce que tu ressens a le droit d’exister.”
“Tu n’es pas ton émotion.”
“Tu peux apprendre à l’écouter sans te laisser engloutir par elle.”

Stress chronique, apprentissage et signaux d’alerte

L’épisode aborde aussi le stress chronique chez l’enfant.

Catherine Guéguen rappelle que le stress est délétère pour le cerveau et que le cortisol peut abîmer des structures cérébrales importantes.

Bien sûr, tout stress n’est pas mauvais. Le stress peut être une réaction utile face à un danger. Mais lorsque le stress devient permanent, lorsqu’un enfant vit dans l’insécurité, la peur, la pression ou la tension répétée, son système nerveux peut rester en état d’alerte.

Et un cerveau en alerte apprend moins bien.

Catherine Guéguen souligne que les humiliations verbales ou physiques empêchent le cerveau de penser, de réfléchir et de mémoriser.

C’est une clé majeure pour les parents et les professionnels de l’éducation.

Un enfant qui se sent menacé ne peut pas mobiliser pleinement ses capacités d’attention, de curiosité et d’apprentissage. Avant d’apprendre, il a besoin de se sentir suffisamment en sécurité.

Comment repérer qu’un enfant va mal ?
Catherine Guéguen donne des signaux simples : un enfant est fait pour la joie, le jeu, l’envie d’apprendre, la créativité, les relations avec ses copains. S’il devient triste, isolé, s’il ne veut plus apprendre ou ne joue plus, il faut être alerté.

Là encore, l’invitation n’est pas de paniquer.
Mais d’observer.
D’écouter.
De prendre au sérieux ce qui change.

Des gestes simples pour nourrir le lien au quotidien

Ce qui rend cet épisode précieux, c’est qu’il ne reste pas dans la théorie.

Catherine Guéguen partage plusieurs gestes simples :

Passer 10 minutes de qualité avec son enfant, sans rien faire d’autre.
Parler le soir des bons moments vécus dans la journée.
Encourager l’enfant dès qu’il fait un effort.
Se décrocher de son téléphone pour être vraiment présent.

Ces gestes peuvent sembler petits. Mais ils disent beaucoup.

Ils disent : “Je te vois.”
“Tu comptes.”
“Je suis là.”
“Ton effort a de la valeur.”
“Notre lien mérite mon attention.”

Dans une société où tout va vite, où les adultes sont souvent épuisés, sollicités, happés par les écrans et les injonctions, ces moments de présence deviennent presque révolutionnaires.

Pas besoin d’être parfait.
Pas besoin d’en faire trop.
Mais revenir, encore et encore, à la qualité du lien.

C’est peut-être cela, finalement, une éducation plus consciente : moins de contrôle automatique, plus de présence choisie.

Pourquoi écouter cet épisode ?

Écoutez cet épisode si vous êtes parent, enseignant, professionnel de l’éducation, ou simplement un adulte qui souhaite mieux comprendre ce qui se joue dans la relation avec les enfants.

Écoutez-le aussi si vous sentez que certaines phrases viennent réveiller votre propre histoire. Parce que cet échange ne parle pas seulement des enfants d’aujourd’hui. Il parle aussi de l’enfant que vous avez été.

Vous y trouverez des repères concrets, des phrases qui bousculent, mais aussi beaucoup d’espoir.

Car la bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de faire autrement.
Pas parfaitement.
Mais plus consciemment.
Avec plus de respect.
Avec plus de lien.
Avec plus d’empathie.

Et peut-être qu’en apprenant à mieux accompagner les enfants, nous apprenons aussi à mieux nous accompagner nous-mêmes.

Qui est Catherine Gueguen ?

Catherine Guéguen est pédiatre de formation. Depuis plusieurs années, elle œuvre à faire connaître auprès du grand public les apports des neurosciences affectives et sociales dans l’éducation.

Son sujet central : comprendre comment les émotions, les relations et la sécurité affective influencent le développement du cerveau de l’enfant.

Dans l’épisode, lorsqu’on lui demande de se définir en un mot, elle répond simplement :
“Je suis grand-mère.”

Une réponse courte, douce, incarnée. Et finalement très représentative de son approche : parler de science, oui, mais toujours au service du vivant, du lien et de l’enfant.

Suivre Catherine Gueguen après l’écoute du podcast

Les livres de Catherine Gueguen

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Qu’est-ce que les neurosciences affectives et sociales ?

Les neurosciences affectives et sociales sont les sciences qui étudient les émotions, les sentiments et les relations au niveau du cerveau. Elles permettent de mieux comprendre l’impact de l’empathie, du soutien, du stress ou de l’humiliation sur le développement de l’enfant.

Pourquoi l’empathie est-elle importante dans l’éducation ?

L’empathie permet à l’enfant de se sentir compris, soutenu et respecté. Selon Catherine Guéguen, elle favorise le bon développement de l’enfant et se cultive aussi chez l’adulte, en commençant par la bienveillance envers soi-même.

Comment accompagner les émotions d’un enfant ?

Il est important de ne pas vouloir obtenir une réponse immédiate. Lorsqu’un enfant vit une émotion forte, comme la colère, on peut lui laisser le temps de redescendre, puis lui demander s’il souhaite expliquer ce qu’il ressent. Parler régulièrement des émotions en famille ou en classe aide aussi l’enfant à mieux les reconnaître.

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