
Aujourd’hui, je vous propose un autre épisode très spécial du podcast Pourquoi pas moi sur le burn-out avec ma psychologue Laurence Adjadj, que j’avais déjà interviewé précédemment dans le podcast.
Laurence pratique plusieurs techniques thérapeutiques dont l’hypnose et l’EMDR et est elle même passée par le burn-out.
Cet échange précieux a été initialement offert en exclusivité aux membres de mon programme « Rebondir après un burn-out », et nous avons décidé, avec Laurence, de le rendre accessible à toutes et tous.
Dans cet épisode, elle nous apporte un nouveau regard sur :
- qu’est-ce que le burnout
- ce qui peut mener à un burn-out
- la différence entre ralentir et s’arrêter
- des outils pour le dépasser et l’éviter
- les indicateurs à surveiller
- des conseils aux proches
- et bien plus encore.
Cet épisode s’adresse à toutes les personnes concernées de près ou de loin par le burnout. Belle écoute !
Pour écouter l’épisode de podcast avec Laurence Adjadj sur SPOTIFY DEEZER APPLE PODCASTS YOUTUBE et ici ☟
Dans cet épisode :
- Est-ce qu’on peut guérir du burnout ?
- A partir de quand se remettre en mouvement, suite à un burnout ?
- Qu’est-ce qui amène à un burnout ?
- Qu’est-ce qu’une (personne) ressource ?
- Qu’est-ce qui apaise ?
- Quels sont les signes qui montrent que vous êtes prêts à reprendre le travail ?
- Un conseil pour l’entourage d’une personne en burnout ?
- Des outils pour la personne en burn-out
- Un outil pour éviter la rechute ?
- Quels sont les indicateurs à surveiller pour voir si on n’est pas en rechute ?
- Qu’est-ce qui amène à un burnout ?
- Un mot sur son association : Guérir en mer
Selon Laurence Adjadj, qu’est-ce que c’est le burn-out ?
C’est bien sûr un excès de vitesse, une surcharge, beaucoup trop de choses à faire et pas de temps de pause et la tête dans le guidon et pas voir venir les choses.
Être vraiment là, c’est très insidieux, toujours aller plus, plus, plus, plus, jusqu’au moment où il n’y a plus de carburant dans le moteur.Une partie de moi ne voulait pas lâcher parce que j’étais bien dans ce rythme-là. C’est grisant, c’est stimulant, c’est le regard des autres aussi qui amène de la satisfaction dans de la fierté. Et puis, finalement, non, quand on écoute son corps, on se dit: Non, mais à quel prix ? Et plus je la mets ça.
Au début, je ne savais pas quoi faire. C’était insupportable pour moi me reposer.
Quelle est la définition du burn out ?
Pour moi, le burn out, c’est tout d’abord très insidieux. C’est être en relation avec un stress, un stress qui devient chronique, permanent, qui amène à un certain épuisement physique et je dirais surtout émotionnel. Moi, étant dans un métier émotionnel, en tant que soignante, en tant que psychologue, c’est cet aspect-là qui fait qu’on arrive à un niveau de fatigue où on a du mal à se faire plaisir, à ressentir le plaisir et à faire des choses et même à trouver jusqu’au point, à ne pas trouver l’énergie pour se lever aussi. Certaines personnes en arrivent là.
Qu’est-ce qui fait qu’on en arrive au burn out ?
Je pense que déjà, c’est un état d’esprit quand on est très actif et qu’on aime ça, quand on fait des choses que l’on aime, quand on est passionné par ce que l’on fait, quand on est passionné par les défis, c’est un petit peu le cas, on y va sans penser vraiment à la machine. C’est un peu comme si on part avec une voiture, on sait qu’il faut du carburant pour qu’elle fonctionne, sauf qu’on l’amène vers de nouveaux chemins, on la fait monter et on ne pense pas vraiment à la recharger, à remettre du carburant. Et de ce fait, on se retrouve à plat, on va vers quelque chose qu’on ne veut pas voir.C’est comme tout événement traumatique, qu’est-ce qu’on en fait pour continuer à vivre avec.
Laurence Adjadj, quels sont les signes qui montrent que vous êtes prêts à reprendre le travail après un burn-out ?
Le but, pour reprendre le travail, c’est de se dire que cela soit durable. Et ce n’est pas de se dire: OK, je reprends quelques jours et je verrai. En aucun cas. Parce que le deuxième arrêt éventuel est encore plus coûteux en termes d’énergie. Et psychologiquement, c’est comme une nouvelle mise en Donc surtout pas. Moi, je parle en niveau d’énergie, plus en niveau de fatigue. Ce terme n’est plus évoqué. Je me fais focusser sur quel est le niveau d’énergie, qu’est-ce que j’ai fait aujourd’hui pour mon énergie, pour reprendre en énergie, des petites choses simples.Souvent, l’entourage nous encourage à arrêter plus. Et quand on est passionné, qu’on aime travailler, on ne peut pas s’arrêter. Ce n’est pas possible. On n’écoute pas, on n’entend pas ça. Ce n’est pas acceptable. Pour moi, je dirais plutôt qu’il est important de ralentir. Ralentir, ça veut dire quoi ? Continuer à faire, à rester dans le mouvement de la vie, faire des petites choses, tout ce qui est possible, des choses qui peuvent être très simples et voir un peu plus quand on a un peu plus d’énergie. Oui, c’est toujours rester en mouvement.
Est-ce que vous avez d’autres conseils pour les personnes qui sont en rechute ?
Vous en parliez la respiration, je n’en ai pas parlé, mais c’est aussi fondamental, la respiration. Je dirais d’être vraiment attentif à tout ce qui se signale dans le corps et de se mettre en action dès qu’on les voit. Parce que quand le corps sait qu’on a été attentif, c’est-à-dire: OK, j’ai entendu ton message, il nous le renvoie dix fois. Il faut travailler ensemble avec son corps. Je pense que c’est aussi une leçon du burn out. On ne le fait pas contre son corps. Parce que quand on a vécu un burn out et qu’on est à l’arrêt, il n’y a plus de carburant, on peut en vouloir à son corps.
On est la seule personne qui peut être présente pour soi, qui peut protéger et faire respecter.Il y a des personnes que l’on pense être de bon soutien, mais qui ne le sont pas.
Il y a une expression au Canada, et j’ai appris ça avec des thérapeutes canadiens, ils disent C’est que certaines personnes de l’entourage peuvent se montrer bienveillantes, mais ne le sont pas par leur façon de dire: Oui, tu devrais faire ci, tu devrais faire ça comme ça. Mais ce serait mieux. Ou même comparé à l’état d’avant: Mais comment ? Tu me dis que tu ne peux plus faire ça alors que tu pouvais en faire largement plus avant. Toutes ces phrases-là, ce sont des comportements qui sont nocifs, qui endommagent encore plus l’État. Là, on l’a identifié dans le cas d’état dépressif, mais ça peut marcher aussi par le burn out, je pense. Ils appellent ça des snakers, des serpents qui sont là.
C’est difficile pour l’entourage d’aider quelque chose qui ne se voit pas.
Est-ce qu’il y a un conseil que vous auriez aimé recevoir au moment de votre burn out ?
Oui, moi, ça aurait été ralentir, parce qu’on me disait plutôt arrête.
Oui, c’est ça. C’est une vraie différence entre arrêter et ralentir.Le meilleur conseil… Oui, le meilleur conseil, c’était: c’est qui ? C’est qui qui amène à ça ? C’est qui qui met la pression ? C’est qui qui est dans la perfection ? C’est qui ? On m’a posé cette question-là et c’est vrai que ça m’a beaucoup perturbée et je me suis dit: C’est moi. Alors c’est moi qui ai la main sur le volant pour pouvoir amener ma voiture, conduire différemment. Et quand on a compris ça, quand j’ai compris ça, là, j’ai remis des choses en place, c’est là que je fais des changements.
Ce que je dirais en conclusion, c’est vraiment être attentif au message de son corps et vraiment de se mettre en action à chaque fois pour pouvoir sortir, remettre du carburant. C’est comment on met du carburant dans la vie pour garder le plaisir de la vie et être là dans la vie, parce que c’est ce qu’il y a de plus important.
Suivre Laurence Adjadj après l’écoute du podcast spécial burn-out
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