#35 Podcast – Pedro Correa – La peur de gâcher sa vie

pedro correa podcast

Dans cet épisode de Podcast, je suis très heureuse de vous présenter Pedro Correa.
Il y a à peine 1 an, je découvre Pedro grâce à son discours qui a désormais plus de 10 millions de vue sur Youtube. Le podcast n’était pas encore lancé, mais j’avais une folle envie de l’avoir derrière mon micro. Je n’ai clairement pas été la seule à le contacter, mon email s’est donc perdu. 9 mois plus tard, suite à la sortie de son livre, les éditions Iconoclaste m’ont contacté pour l’interviewer. Quel bonheur et quel honneur. Je vous promets une magnifique épisode idéal pour quitter cette année 2020 qui nous aura pour le moins chahuté.

Après un bac + 9 avec l’obtention d’un PHD et un diplôme des beaux arts en cours du soir, Pedro enchaine les jobs d’ingénieur jusqu’à ce qu’un drame change radicalement sa vie. Après une période très sombre il apprend à écouter sa petite voix et devient un photographe renommé. Depuis 8 ans il vit de sa passion. En décembre 2019 s’ouvre un nouveau chapitre de sa vie suite à la diffusion de cette fameuse vidéo. Pedro est donc aujourd’hui photographe, conférencier et écrivain. Je vous souhaite la bienvenue dans l’univers de Pedro Correa.

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Les meilleures citations de l’épisode

J’ai choisi une boussole parce que c’est quelque chose qui m’a longtemps manqué. Avant ce que j’appelle mon éveil, je ne savais pas trop où je voulais aller. Je me suis laissé un peu porter comme ça part par les coïncidences, par les conseils de la famille, par la société, les supérieurs, les amis… Tout ça jusqu’à ce que j’arrive à un point où je ne savais plus où j’allais et je n’étais pas totalement satisfait de où ça me menait. Mais là, je suis arrivé dans un autre ordre de perdition ; un endroit où je ne savais pas où j’étais, qui j’étais, où j’allais et là, c’était encore plus dur parce qu’avant, j’avais des rails que je suivais et là, il n’y avait plus de rails, plus rien du tout.

J’ai mis longtemps à me dire que ce n’était pas trop grave d’être perdu. C’était une étape nécessaire. C’était transitoire ! Les gens en mer, quand ils sont perdus, ils ne commencent pas à crier, sauter par dessus bord et ils sortent. Ils essayent de chercher comment se repérer.

Et c’est là que j’ai commencé à écouter, chercher cette boussole et à me rendre compte que qu’on a peut avoir certains repères qui sont en nous. En fait, on essaye souvent de les chercher à l’extérieur, mais c’est la boussole. À partir du moment où on arrête de paniquer, on arrête d’être très triste aussi. C’est plus facile de l’entendre, de la suivre.

Cette petite voix qui m’a dit que déjà, au début, que je n’étais pas à ma place. Et puis, elle a commencé à me dire ce que j’avais vraiment envie de faire. Et ça, c’était la boussole. Mais voilà, ce qui est important de savoir aussi, c’est que la boussole elle ne dit pas comment y arriver. Elle pointe juste la direction. C’est ça qui est intéressant là dedans. C’est que c’est pas parce qu’on écoute sa voix et qu’elle nous dit j’aimerais. Dans mon cas, j’aimerais être écrivain. J’aimerais être artiste. Moi, j’étais ingénieur, donc c’est comme si on me disait tu dois te rendre au Maroc à pied. Voilà le Maroc, la boussole va te dire tout droit. Mais on ne peut pas y aller. On ne veut pas y aller tout droit à la mer, il y a des montagnes.

Des mots peuvent changer des vies

Mon rêve d’enfant, ? Je ne sais pas. Cette question que je pose aussi à mes enfants, je pense que quand on est un enfant sage, là, on sait ce que l’on aime. On sait ce que l’on aime faire, mais on ne sait pas ce que ça veut dire dans le monde des adultes.

On ne connaît pas du tout le monde des adultes, donc on ne sait pas du tout comment ça va se traduire. Qu’est ce qui est possible et qu’est ce qui n’est pas possible. Et donc, c’est une question un peu après. Je pense que les enfants, ils essayent du coup d’avoir des repères qui sont des repères d’adultes, parce qu’ils entendent ça ou quoi. Moi, je sais que j’étais fou de l’idée d’être médecin et je demandais à chaque fois des mallettes de médecins, etc.

À 17, 18 ans on nous demande de faire des choix. Et en plus, ce qui est d’autant plus terrifiant, c’est qu’on nous demande de faire des choix et on nous dit que ça va être pour toute une vie ou en tout cas que ça va conditionner toute notre vie et qu’il faut faire le bon choix dès le début.

Dans mon cas, ce qui était assez surprenant, c’est qu’après m’avoir vu grandir entouré de livres, de photos, de dessins, et bien mes parents m’ont proposé d’être ingénieur pour des raisons qui leur sont propres et j’ai suivi leurs conseils. Et c’est vrai que quand je disais au début que j’étais vraiment un enfant très curieux, c’est vrai que je peux comprendre que ce ne soit pas totalement farfelu de me proposer d’être ingénieur.

On s’est rendu compte qu’en fait mes amis dans cette boîte, c’étaient les graphistes, c’était avec eux que je passais le plus de temps dans leur bureau alors que les ingénieurs, j’allais un peu avec des pieds de plomb. C’était un choix rationnel.
J’étais tout à fait qualifié pour être graphiste et j’avais mon doctorat. Donc je pouvais aussi postuler en tant qu’ingénieur et le gars m’a dit : on peut te prendre dans un des deux, saches juste que si tu commences en tant que graphiste, tu gagneras deux fois moins.

Première leçon de vie douloureuse. Pourquoi est-ce que le graphisme, on le paye deux fois moins que l’ingénieur? Moi, j’ai ma petite idée que je raconte dans le livre. C’est ce que raconte le pédagogue anglais Ken Robinson sur la hiérarchisation des matières qui en découle tout simplement de la hiérarchisation des biens et des services dans notre société néo-libérale. Tout ce qui se rapproche très fort de tout ce qui est les usines, de tout ce qui est matériel, de tout ce qui est la vente et la consommation, va être très bien perçu. Et à l’époque de la révolution industrielle en Angleterre, il y raconte comment on a hiérarchisé les matières dans les écoles pour que les écoles puissent produire des talents, des gens qui qui soient utiles aux usines. Les profils les plus utiles dans les usines ce sont les sciences des ingénieurs. Et quand on en a hiérarchisé, on a dit Voilà les maths, les sciences. C’est ce qu’il y a de plus important à l’école ! Et donc, c’est vers les sciences que vous allez pousser vos élèves les plus doués. Après, pour la comptabilité et tout ça, et puis après les lettres. Parce qu’on aura quand même besoin d’avocats et de choses comme ça. Et puis, les arts, la créativité, la musique, tout ça, on en a pas vraiment besoin. On les mettra en matières optionnelles. Alors qu’aujourd’hui, on se rend compte que ce sont des idées reçues qui viennent de très, très loin derrière nous, alors qu’on est arrivé aujourd’hui dans une situation où la création, l’art, la culture prend un pourcentage du PIB qui est assez énorme, on ne se rend pas compte, mais c’est au delà de ce que produit l’industrie automobile en France. Mais pourtant, dans la hiérarchie des matières, dans la hiérarchie des salaires, ça reste quand même les métiers scientifiques et de gestion qui sont les mieux cotés.

J’ai un cahier où chaque année, je leur demande à mes deux fils ce qu’ils préfèrent faire dans la vie. Je vois un peu l’évolution et je ne leur demande pas ce qu’ils veulent devenir, mais qu’est ce qu’ils préfèrent faire en ce moment? Je me rappelle mon fils. Il a longtemps dit qu’il voulait être dessinateur. Jusqu’au jour où sa mère, mon ex-femme, lui a dit exactement ce que tu viens de dire. Dessinateur, c’est très bien, mais est ce que tu préférerez pas dessiner des bâtiments et de devenir architecte ? C’est peut être un peu plus sérieux. C’est quelque chose que je suis très attentivement, cette évolution, en essayant de le laisser le plus libre possible dans ces choix là qui sont très importants d’être pris en totale liberté.

Cette petite voix est surtout importante lorsque c’est quelque chose de récurrent qui traverse les années comme un fil rouge dans notre vie. Mais quand on l’écoute vraiment, on se rend compte qu’en fait, elle est récurrente. Elle vient de loin. Et on l’a entendue. On a entendu ces messages se répéter dans notre tête. Et c’est à ce moment là qu’il faut vraiment la prendre en compte quand c’est quelque chose qui revient, quand on se dit. Mais en fait, ça fait des années que j’entends que je me dis que je me dis que j’aimerais faire ça. Pareil pour les blessures, pour ce qui nous rend vraiment malheureux ou nous rend malade, il faut aussi écouter cette voix qui nous dit si ça fait trois ans que cette voix nous dit que ce job est en train de me rendre malade. Ça me tord les boyaux d’aller travailler le matin, que ses supérieur, je n’en peux plus. Ça aussi, c’est récurrent et c’est très important d’en prendre compte parce que c’est vraiment une alarme. C’est un cri d’alarme, d’alerte qu’il faut écouter aussi bien ses passions que ses blessures et que ses malaises. Il faut vraiment les écouter quand c’est récurrent et que ça prend des mois, voire des années. C’est quelque chose qu’il faut prendre au sérieux parce que ça fait partie de nous.

Souvent on me dit ouais, mais moi, je n’ai pas de petite voix, j’entends rien. Il faut être persévérant. Il faut être très attentif. Il faut être capable de ne pas avoir peur. Je pense qu’il y a beaucoup aussi cette craintes et d’entendre des choses qu’on n’a pas envie d’entendre, qu’on n’a pas envie d’entreprendre.

Moi même ça m’a pris énormément de temps de me dire que je peux vivre de ça. J’entendais cette voix et mon rationnel me répondait à cette voix en disant…. Tu vois bien que tu le fais en tant que hobby. Tu vois bien que tu ne pourrais pas en vivre à temps plein. Il y a beaucoup de rationnel qui vient étouffer cette voix et c’est important, ça met du temps.
Pour moi, le fait de vouloir être photographe ne suffit pas du tout. Je ne suis pas devenu photographe du jour au lendemain, mais j’ai commencé à me poser la question de comment y arriver.

On n’est pas obligé de faire ce rêve là du jour au lendemain. Peut être que ce rêve là est un objectif théorique. Et que le fait de se mettre en chemin va nous amener vers quelque chose qui y ressemble et qui est en fait tout à fait adapté à notre vie et qui nous est suffisant.

Ça ne va pas se passer par hasard. Ça ne va pas tomber du ciel. Je pense que les probabilités sont très faibles, qu’on trouve la place qui nous correspond vraiment. En suivant comme ça, sans se poser de questions, ce qui vient et en suivant les conseils des autres et en ne changeant rien. Il y a cette écoute qui doit être proactive, qui doit être attentive.

Chez moi toute cette conscience de cette petite voix, que je n’entendais pas avant. Elle s’est vraiment réveillée le jour où j’ai vu mon père mourir. C’est quand j’avais 29 ans.

C’est assez paradoxal, mais en fait, on a moins peur de la mort qu’avant parce qu’on l’a déjà vu de près. Et ce qui nous fait le plus peur, ce n’est pas la mort, c’est le fait de gâcher sa vie. C’est le fait de gâcher cette deuxième chance qu’on nous a donnée. Et c’est à ce moment là. Cette peur est venue là, est arrivée, ce n’était pas la peur de la mort, c’était la peur de gâcher sa vie et la petite voix commençait à me demander si maintenant que tu sais que es un réel mortel, maintenant que tu sais que ton corps est hyper fragile, qui peut se fracasser et mourir comme ça du jour au lendemain. Maintenant, tu sais que tu peux partir demain, est-ce que cette dernière journée que tu aurais passé tu en serais satisfait ?

Jamais aucun mourant n’a dit qu’il aurait aimé travailler plus ou voir moins ses enfants. Qu’est-ce qui me rend réellement heureux ?

Ce genre de choses, ça devient des questions hyper urgentes et tout le travail est à ce moment là d’enlever le côté anxiogène, le côté urgent de la chose et de dire OK maintenant qu’on a fait le bilan, maintenant qu’on sait ça. Est ce qu’il y aurait moyen de se rapprocher de ça petit à petit, sans stresser. Parce que déjà qu’on a le stress du travail et de la vie, etc. On ne va pas aussi se stresser pour devenir heureux.

Pendant ces 5 dernières années, on a dépensé plus d’argent dans les maladies de longue durée que dans le chômage, en Belgique.
On ne se rend pas compte qu’en fait, on a de plus en plus de gens qui sont malades à cause de leur job. Que de gens qui cherchent un job, ça devient un truc assez dingue et personne n’en parle.

Pour le travail à la banque je m’étais aussi rendu compte que je pouvais l’utiliser comme comme transition et que je n’avais pas besoin de tout plaquer et que je pouvais diminuer mon temps de travail.

De voir ce travail non plus comme mon objectif, mais comme une étape qui m’aidait à aller vers autre chose, j’étais beaucoup plus serein.

Les peurs elles étaient énormes, mais il y avait plus d’excitation que de peurs. Et plus de certitudes que de peur. Donc, si on attend que la peur s’en aille avant de faire le pas, on ne va jamais le faire. Quand tu vas sauter en parachute, on ne te dit pas attend de plus avoir peur avant de sauter. C’est une fois que t’as sauté, que tu que tu n’as plus peur. La peur, elle va toujours être là avant de sauter, c’est sûr. Avant, avant n’importe quel risque.

Le fait de divorcer, c’est des choses qui ont choqué certains de mes amis. Donc, il y a des y a des liens qui sont cassés et d’autres qui ont été créés en me rapprochant de cercles de personnes qui partageaient totalement ces valeurs.

J’étais excité. J’étais passionnée par mon projet. Je n’avais plus du tout besoin d’aller m’acheter des costards pour me faire sentir mieux, pour me donner de la valeur. J’avais pas besoin du tout de changer de voiture pour avoir une voiture qui en jette plein la gueule. Je n’avais pas besoin de changer de mobilier pour être à la mode, à la pointe du style, je n’avais pas besoin d’aller chez le coiffeur. Cette phrase de la décroissance heureuse, le fait d’avoir moins de biens, plus de liens. Franchement, ça fait pas mal d’économies aussi.

La réussite, c’est en tout cas pas lié au fait de porter une Rolex, comme le disait quelqu’un. La réussite, c’est d’arriver a être sereinement en paix avec soi même. Ouais, ça résume assez bien tout ça, tout ce que je vois autour de ça, ça veut dire qu’on n’a plus de regrets, de remords, qu’on fait de notre mieux, qu’on est en paix avec soi même.

C’était le cadeau du ciel !Je dis souvent que c’est ce genre de cadeau qu’on peut recevoir, que si on est ouvert à tout, je pense que je n’aurais jamais reçu ce cadeau du ciel qui venait rendre réel ce rêve d’enfant. Quarante ans plus tard, on m’a proposé de matérialiser ce rêve que j’avais toujours eu d’écrire un livre. Ça n’aurait pas été possible si j’étais resté dans le mode carrière.

Il aura fallu passer par pas mal d’étapes, beaucoup de doutes, beaucoup de peurs et ça aurait été bien de partir en sachant que ça allait bien finir. C’est toujours rassurant.

J’ai tellement brassé de choses qui me paraissaient impensables avant et qui font partie de mon quotidien aujourd’hui que j’ai renoncé à autre chose, mais le retour a tellement dépassé mes attentes. Il n’y a vraiment pas de regrets.

La chance, c’est quelque chose qui se construit aussi.

Un conseil, ce serait de se mettre en chemin ou en tout cas de s’écouter, de se poser des questions et d’avoir moins peur.

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