Ikigai : la vraie méthode japonaise et ses 4 cercles
L’ikigai est partout sur les réseaux. Mais ce qu’on te montre — le fameux schéma des 4 cercles — est en réalité une adaptation occidentale. Voici la vraie méthode, ses 4 cercles, ses limites, et ce qui m’a poussée à créer la Spirale d’or.
J’ai un aveu à te faire. J’ai découvert l’ikigai en 2020, après mon burn-out, en interviewant Christine Michaud dans mon podcast. Cette autrice canadienne m’a parlé de ce concept japonais avec tellement de justesse que ça m’a frappée : « il existe donc un mot pour ce que je cherche depuis des mois ».
L’ikigai m’a fait du bien. Honnêtement, c’est même un point de départ formidable pour quiconque commence à se poser la question : « qu’est-ce qui me fait me lever le matin ? ». Mais en travaillant avec mes premières clientes, j’ai vite vu les limites du concept. C’est ce qui m’a poussée, des mois plus tard, à créer la Spirale d’or.
Cette page te raconte tout : la vraie origine japonaise, le schéma des 4 cercles (qui n’est pas japonais), comment trouver le tien, et pourquoi cette méthode — bien qu’inspirante — ne suffit pas pour construire une vie pro vraiment alignée.
Qu’est-ce que l’ikigai, vraiment ?
Le mot ikigai (生き甲斐) est un mot japonais formé de deux idéogrammes. Il vient principalement de l’île d’Okinawa, où vit l’une des plus fortes concentrations de centenaires au monde. Les chercheurs en longévité ont remarqué que les habitants y partagent une caractéristique commune : ils ont tous une raison de se lever le matin.
Vivre, la vie
Raison, valeur, ce qui mérite
Littéralement, l’ikigai désigne donc « ce qui donne de la valeur à la vie ». Ce n’est pas forcément spectaculaire. Pour beaucoup d’Okinawaiens, c’est cultiver son potager, garder ses petits-enfants, fabriquer du tofu artisanal, ou simplement maintenir des relations sociales fortes.
L’ikigai japonais original est simple et quotidien. Il n’a rien d’un programme de coaching. C’est ce qui fait que tu acceptes de te lever, même quand il pleut, même quand tu es fatiguée.
Le schéma des 4 cercles : une création occidentale
Le diagramme que tu vois partout — les 4 cercles concentriques avec « passion », « mission », « vocation » et « profession » au centre — n’est pas d’origine japonaise. Il a été créé en 2014 par Marc Winn, un blogueur britannique, qui a superposé deux modèles existants : le concept japonais d’ikigai et un diagramme de Venn sur le « purpose » dessiné par Andres Zuzunaga.
Cette adaptation a explosé sur Internet. Aujourd’hui, c’est cette version-là que la plupart des gens appellent « ikigai ». C’est utile pédagogiquement — mais ce n’est pas le concept japonais d’origine. Important de le savoir pour ne pas confondre.
Les 4 cercles de l’ikigai en détail
Chaque cercle représente une dimension. Leur croisement deux à deux dessine 4 zones — passion, mission, vocation, profession. L’ikigai, c’est le point central où les 4 se rejoignent.
Passion
Ce que tu aimes + Ce pour quoi tu es douée
La passion, c’est l’intersection entre ce qui te fait vibrer et ce dans quoi tu excelles naturellement. C’est l’activité que tu pourrais faire pendant des heures sans voir le temps passer — et que les autres reconnaissent comme un don chez toi.
Limite : si tu restes uniquement dans la passion, tu peux te retrouver avec un loisir intense, mais qui ne nourrit ni ton compte en banque ni le monde.
Mission
Ce que tu aimes + Ce dont le monde a besoin
La mission, c’est ce que tu aimes faire qui répond à un besoin du monde. C’est l’engagement, le sens, la contribution. C’est ce qui te fait te lever en te disant : « ce que je fais a un impact ».
Limite : sans tes talents ni revenu, ta mission peut t’épuiser. Beaucoup de bénévoles s’épuisent là.
Vocation
Ce dont le monde a besoin + Ce pour quoi tu es payée
La vocation, c’est l’intersection entre ce dont le monde a besoin et ce qui te permet de gagner ta vie. C’est une activité utile et rentable. Beaucoup de métiers du soin ou du social vivent dans cette zone.
Limite : si la passion et le talent ne suivent pas, tu peux te retrouver utile et payée — mais à plat.
Profession
Ce pour quoi tu es douée + Ce pour quoi tu es payée
La profession, c’est tes talents monétisés. Tu es compétente, tu es payée pour ça. C’est la zone « classique » de la carrière. La plupart des gens construisent leur vie ici.
Limite : sans mission ni passion, tu peux exceller et bien gagner ta vie — et ressentir un vide profond. C’est précisément ce qui m’est arrivé avant mon burn-out.
Que se passe-t-il quand il manque un cercle ?
C’est là que le schéma de l’ikigai devient vraiment diagnostic. Quand tu n’as que certains des 4 cercles activés, tu ressens des inconforts spécifiques. Voici la grille de lecture.
Plaisir mais précarité financière
Tu fais ce que tu aimes pour le monde — mais sans être payée. Beaucoup d’engagement associatif, de side-projects passion, de reconversions trop rapides finissent ici.
Enthousiasme mais incertitude sur l’avenir
Tu es utile et payée, mais tes talents profonds ne sont pas mobilisés. Tu performes par volonté, pas par fluidité. Tu te demandes « combien de temps je vais tenir ? ».
Zone de confort mais sentiment de vide et lassitude
Tu es bonne dans ton métier, payée, ça sert à quelque chose. Mais ça ne te fait plus rien. C’est la zone du « je fais ce que je dois faire » — terrain classique du burn-out latent.
Satisfaction mais sentiment d’inutilité
Tu fais ce que tu aimes, tu en vis bien — mais tu te dis : « est-ce que ça sert vraiment à quelqu’un ? ». Beaucoup de cadres performants connaissent ce malaise après 40 ans.
Ikigai japonais vs ikigai occidental : le comparatif
Deux conceptions différentes du même mot. Important de les distinguer pour comprendre ce que l’ikigai original t’apporte vraiment — et ce qu’il ne dit pas.
| Critère | Ikigai occidental (4 cercles) | Ikigai japonais original |
|---|---|---|
| Origine | Marc Winn, blogueur britannique, 2014 | Tradition d’Okinawa, plusieurs siècles |
| Forme | Diagramme de Venn à 4 cercles | Concept de vie quotidienne, pas de schéma |
| Lien avec le travail | Central (cercle « payé ») | Optionnel — l’ikigai peut être un loisir |
| Ambition | Trouver LE métier parfait au centre | Trouver des raisons quotidiennes de se lever |
| Rapport à l’argent | Le revenu est l’un des 4 piliers | L’argent n’est pas mentionné |
| Échelle de temps | Une grande quête de vie | Le quotidien, le présent |
| Effet psychologique | Peut créer une pression (« je dois trouver mon ikigai ») | Apaisant, terre-à-terre |
Tableau pédagogique. Aucune version n’est meilleure que l’autre — elles répondent à des questions différentes.
Mon ikigai à moi (exemple concret)
Pour rendre tout ça moins théorique, voici comment j’ai posé mon propre ikigai après l’avoir découvert avec Christine Michaud.
L’ikigai de Charlotte Desrosiers
L’humain
Retransmettre
Allumer les étincelles
Communicatrice
« Quand j’ai posé ces 4 mots, j’ai senti quelque chose se remettre en place. Mais j’ai aussi vu une chose : ces mots ne me disaient pas comment construire concrètement la suite. C’est ce manque qui a fait naître la Spirale d’or, plus tard. »
Les 3 limites de l’ikigai (et pourquoi j’ai créé la Spirale d’or)
L’ikigai est un excellent point de départ. Mais en accompagnant des femmes en reconversion, j’ai vu 3 limites systématiques. Voici lesquelles.
C’est un schéma statique
L’ikigai te montre où tu dois arriver (le point central), mais pas comment y aller. Tu peux contempler les 4 cercles pendant des mois sans avancer concrètement.
Il manque le « où » (le cadre)
L’ikigai parle de quoi (métier) et de raison d’être — mais pas du cadre dans lequel tu exerces. Or tu peux faire le bon métier au mauvais endroit, avec les mauvaises personnes, et t’épuiser quand même.
Il met une pression de « LE trouver »
« Trouve ton ikigai » est devenu une injonction de plus. Pour beaucoup de femmes que j’accompagne, ça ajoute de l’angoisse au lieu d’en enlever. Ta raison d’être se révèle, elle ne se trouve pas comme un trésor caché.
C’est pour combler ces 3 limites que j’ai construit la Spirale d’or. Elle ajoute :
- Un ordre séquentiel (Pourquoi → Comment → Quoi → Où) — qui te dit par où commencer
- Un 4ème pilier : le cadre, l’environnement, les valeurs respectées
- Une forme spirale ascendante — pas un cercle fermé qui te ramène au même point
Ce qu’elles disent après être passées au-delà de l’ikigai
Quatre témoignages de femmes qui ont commencé par l’ikigai et sont arrivées à une vraie clarté avec la méthode complète du Bilan de compétences et de besoin.
« Je me sens alignée, apaisée, sereine et en confiance pour l’avenir et mes choix professionnels actuels. Grâce à ce programme spécial burn-out, j’ai redécouvert la personne que j’étais et j’ai décidé d’exploiter mes qualités et de me faire confiance. »
« J’ai adoré le programme de Pourquoi pas moi. Rien à voir avec le bilan de compétences traditionnel que j’avais pu faire — qui ne m’avait amenée à rien. »
« J’ai appris à m’écouter, à me mettre en valeur et à reprendre confiance en moi. Rien à voir avec les programmes de bilan de compétences classiques : celui-ci est axé sur la personne à part entière. On ne nous demande pas de cocher des cases pour faire travailler un algorithme qui décide pour nous. »
« C’est un programme unique parce que ce ne sont pas des cases à cocher mais une véritable introspection pour savoir ce qui nous anime. »
Va plus loin que l’ikigai
L’ikigai t’a mis sur le chemin. La Spirale d’or et le Bilan de compétences et de besoin te le font parcourir, en 3 mois, avec une méthode primée.
- Identifier ta raison d’être (au-delà du concept)
- Révéler tes talents innés
- Construire un projet aligné avec un plan concret
- Définir un cadre qui respecte tes besoins
Méthode reconnue · 1er prix Psychologies Magazine · Finançable CPF
Tes questions sur l’ikigai
Le schéma des 4 cercles est-il vraiment japonais ?
Non. Le concept d’ikigai est bien japonais, mais le schéma des 4 cercles a été créé en 2014 par Marc Winn, un blogueur britannique. Il a superposé l’idée japonaise d’ikigai avec un diagramme de Venn sur le « purpose » dessiné par Andres Zuzunaga.
L’ikigai japonais original n’a pas de schéma. C’est un concept de vie quotidienne, pas un programme de coaching. Important de le savoir pour ne pas confondre.
Comment trouver son ikigai concrètement ?
L’exercice classique consiste à répondre aux 4 questions, dans l’ordre, par écrit :
1. Qu’est-ce que j’aime ? (qu’est-ce qui me fait perdre la notion du temps)
2. Pour quoi suis-je douée ? (qu’est-ce que les autres reconnaissent chez moi)
3. De quoi le monde a-t-il besoin ? (où mon action peut compter)
4. Pour quoi peux-tu être payée ? (où le marché te valorise)
L’intersection des 4 dessine ton ikigai. Mais attention : cet exercice seule, devant une feuille blanche, reste souvent abstrait. La Spirale d’or et le Bilan de compétences et de besoin donnent un cadre concret pour aller plus loin.
Faut-il avoir trouvé son ikigai pour être heureuse au travail ?
Honnêtement, non. L’injonction « trouve ton ikigai » crée parfois plus de pression que de soulagement. Beaucoup de gens vivent une vie professionnelle satisfaisante sans avoir un point d’intersection parfait des 4 cercles.
Le vrai sujet, c’est de connaître ses besoins fondamentaux, de comprendre ce qui te donne de l’énergie et ce qui t’en prend, et d’ajuster ta vie pro en conséquence. C’est précisément ce que travaille la Spirale d’or.
Quelle différence entre ikigai et raison d’être ?
L’ikigai est un concept japonais qui peut désigner ta raison d’être au sens large — mais aussi des petites raisons quotidiennes de te lever.
La raison d’être au sens occidental (Simon Sinek, Peter Drucker) est plus liée à ton pourquoi profond, ta mission de vie. Les deux concepts se croisent mais ne sont pas identiques. L’ikigai inclut le quotidien, la raison d’être vise plus haut.
Peut-on changer d’ikigai dans une vie ?
Oui, et c’est sain. Ton ikigai à 25 ans n’est pas le même qu’à 40 ou à 60 ans — parce que tes besoins, tes envies, tes contraintes évoluent.
C’est aussi pour ça qu’un schéma fixe (comme les 4 cercles) a ses limites. Une méthode dynamique comme la Spirale d’or te donne au contraire des repères qui restent utiles à chaque étape de ta vie.
Quelle est la différence entre l’ikigai et la Spirale d’or ?
L’ikigai est un schéma statique en 4 dimensions. Il te dit où tu dois arriver (au centre).
La Spirale d’or est un processus séquentiel en 4 piliers (Pourquoi → Comment → Quoi → Où). Elle te dit dans quel ordre explorer les dimensions et pourquoi cet ordre compte. Elle intègre aussi le « où » — le cadre — que l’ikigai n’aborde pas directement.
Sources et appui
Cette page sur l’ikigai s’appuie sur :
- Ken Mogi, neuroscientifique japonais, The Little Book of Ikigai (2017)
- Héctor García et Francesc Miralles, Ikigai : le secret japonais pour une vie longue et heureuse
- Dan Buettner, chercheur sur les Zones Bleues (dont Okinawa), National Geographic
- Marc Winn, blogueur britannique, créateur du schéma des 4 cercles en 2014
- Andres Zuzunaga, créateur original du diagramme de Venn sur le « purpose » (2011)
- Podcast Pourquoi pas moi avec Christine Michaud — l’interview qui m’a fait découvrir l’ikigai
Page rédigée par Charlotte Desrosiers, fondatrice de Pourquoi pas moi, créatrice de la méthode Spirale d’or et du Bilan de compétences et de besoin (1er prix Psychologies Magazine).
