Elisabeth Loncke

170 – Podcast : Elisabeth Loncke — De la maladie professionnelle à une vie alignée : reconversion, cuisine réinventée et 660K abonnés

🎙️ Épisode #170 ⏱️ 1h53 📅 4 juin 2026 🏷️ Transformation, Alimentation, Hypersensibilité
Elisabeth Loncke sur le podcast Pourquoi pas moi

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Dans cet épisode, Elisabeth Loncke partage :

  • Comment elle est née à 35 ans, après une enfance dans une famille toxique et un mariage à 19 ans sans pouvoir faire d’études ;
  • Pourquoi le corps tranche quand le mental n’ose pas — l’histoire de sa maladie professionnelle après 15 ans dans le négoce agricole ;
  • Comment la neuroatypie se découvre parfois tard, à travers ses enfants, et change tout ;
  • Pourquoi l’alimentation est un acte de lucidité, pas un régime de plus ;
  • Ce qu’elle aurait aimé qu’on lui dise à 20 ans : tout est possible, à tout âge.

Dans cet épisode du podcast Pourquoi pas moi, je reçois Elisabeth Loncke, autrice de Les recettes d’Elisabeth chez Albin Michel et figure incontournable d’Instagram avec sa communauté de plus de 600 000 personnes. Avant de l’écouter, je voyais surtout une femme qui partage des recettes simples à réaliser, sans gluten. En vrai, Elisabeth est une personne incroyable et son histoire est bien plus grande que ça. Elisabeth a été élevée pour se marier plutôt que pour étudier. Pas d’études supérieures, mariée à 19 ans à un homme choisi par ses parents. Elle a ensuite passé 15 ans comme responsable commerciale dans un négoce de produits agricoles, jusqu’à ce qu’une intoxication aux produits phytosanitaires soit reconnue comme maladie professionnelle. Aujourd’hui, elle est autrice et créatrice indépendante depuis l’Aveyron. Et elle nous montre qu’on peut tout reconstruire — l’amour, le travail, le corps, l’assiette — même tard, même seule, même à zéro.

Cet épisode devrait particulièrement te plaire si…

  • Tu sens que tu as passé trop de temps à faire « ce qu’on attendait de toi » ;
  • Tu te demandes s’il est trop tard pour changer de vie, de métier, de relation ;
  • Tu te reconnais dans la neuroatypie, l’hypersensibilité, le sentiment de décalage ;
  • Tu as des intolérances (gluten, lactose) et tu te sens parfois isolée dans ton quotidien ;
  • Tu sens que ton corps essaie de te parler, et tu commences à l’écouter pour de vrai.

⏱️ Les moments clés de l’épisode

  • 01:24 La libellule, symbole de métamorphose
  • 02:41 Une enfance dans une famille dysfonctionnelle
  • 03:54 « Je suis née à 35 ans »
  • 05:54 Découvrir sa neuroatypie tardivement, grâce à son fils
  • 10:02 Le mariage à 19 ans : pas d’études, mariée par les parents
  • 13:24 Le décès du père : la pire des choses devenue libération
  • 15:24 La maladie professionnelle : 15 ans en contact avec des produits phytosanitaires
  • 18:54 Tout reconstruire après la maladie : la résilience d’une battante
  • 20:24 Quitter un mariage, perdre temporairement ses enfants
  • 25:24 La librairie en ligne, puis Instagram (sans stratégie)
  • 30:24 Le diagnostic des intolérances, réapprendre à manger
  • 39:54 Découvrir l’univers infini des farines et fécules sans gluten
  • 48:24 Microbiote, sérotonine : ce que mange ton ventre, ton cerveau le sent
  • 55:24 Cuisiner simple, peu d’ingrédients, accessible à tous
  • 1:10:24 Vieillir, prendre soin de soi : une question de responsabilité
  • 1:14:24 Activité physique vs sport : la nuance qui change tout
  • 1:24:54 « Pourquoi pas moi » : la réponse d’Elisabeth, à la naissance de sa fille
  • 1:25:54 « Tout est possible. Même à 50 ans. Même à 60. »
  • 1:31:24 L’amour découvert tardivement, le couple sacré
  • 1:43:24 Le prochain défi : trouver la paix avec un monde qui ne change pas

Ce qu’il faut retenir de l’interview avec Elisabeth Loncke

Certaines phrases de cet épisode restent longtemps en tête. En voici 5 qui méritent de s’y arrêter.

« Je suis née à 35 ans. Il vaut mieux tard que jamais. »

Cette phrase est sans doute la plus puissante de l’épisode. Elle dit que la vraie vie peut commencer longtemps après l’âge où on est censée « savoir qui on est ». Et qu’on a le droit de naître à 30, 40, 50 ans — ou plus.

« Quand notre corps ne veut plus avancer, il tranche pour nous. »

Elisabeth résume ici ce que beaucoup de personnes en suradaptation, en intolérance silencieuse ou en fatigue chronique vivent sans le dire : à un moment, le corps prend le relais du mental. Il dit non quand la tête n’ose pas.

« L’échec n’existe pas. Il n’y a que la résilience. »

Une phrase à recopier dans son carnet. Pas pour nier la difficulté — Elisabeth a tout traversé — mais pour rappeler que recommencer fait partie du chemin, pas en marge.

« Le cœur et l’instinct ont toujours un temps d’avance. »

Notre intuition sait souvent avant nous. Le travail, c’est apprendre à l’entendre, et à ne plus la faire taire au nom du « ce n’est pas raisonnable ».

« Tout est possible. Même à 50 ans. Même à 60. »

L’antidote à la phrase la plus toxique du développement personnel français : « c’est trop tard ». Pour Elisabeth, ce n’est jamais trop tard. Et son parcours est la preuve la plus concrète qu’on puisse imaginer.

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Naître à 35 ans : sortir d’une vie qu’on n’a pas choisie

Elisabeth a passé les 35 premières années de sa vie à faire ce qu’on attendait d’elle. Une enfance dans une famille toxique, où on l’éduquait à se marier et à devenir mère plutôt qu’à faire des études. Un mariage à 19 ans, parce que ses parents l’avaient orientée vers un homme. Des enfants, parce qu’il fallait avoir des enfants. Un travail comme responsable commerciale dans un négoce de produits agricoles, parce qu’il fallait travailler.

Sur le papier, sa vie cochait toutes les cases — ce que j’appelle souvent les KPI de la réussite sociale. Mariée, mère, salariée performante, propriétaire. Tout le monde autour d’elle était content. À l’intérieur, ce n’était pas son tracé.

Il aura fallu trois électrochocs pour que la métamorphose commence. D’abord le décès brutal de son père, en 2010. Elle avait attendu son regard, son approbation, un mot d’amour, pendant 35 ans. Sa mort la libère d’une attente qu’elle ne s’autorisait pas à lâcher. Ensuite, en 2013, la maladie professionnelle qui la met physiquement au pied du mur. Et enfin, en 2015, la décision de quitter le père de ses enfants et le cadre dans lequel on l’avait inscrite.

Ce qui suit est ce qu’elle appelle « une descente aux enfers d’une très grande vérité ». Elle perd son foyer, sa maison, son statut social. Sa famille toxique fait tout pour l’éloigner de ses enfants. Et pourtant : à chaque libération, elle se sent plus légère. Pas une seconde, elle ne pense à faire marche arrière.

L’assiette comme acte de lucidité

« Pour moi, la santé n’a pas de prix. »

Après son licenciement pour maladie professionnelle, Elisabeth se retrouve avec une longue liste d’intolérances — gluten, lactose, des allergies par dizaines. Et un système digestif si abîmé qu’elle ne peut presque plus rien manger sans souffrir. À l’époque, il y a dix ans, Instagram n’existait pas comme aujourd’hui et les livres sans gluten étaient rares en France.

Elle aurait pu vivre ça comme un fardeau. Elle l’a vécu comme une ouverture. Elle s’est mise à explorer les farines d’autres cultures — millier, sorgho, châtaignes, sarrasin, maïs, riz, pois chiches — et les fécules (tapioca, pomme de terre). Elle a découvert le psyllium, cette fibre végétale qui remplace une partie du liant du gluten. Elle a appris à lire les étiquettes, à se méfier des « sans gluten » qui en contiennent quand même, et des laits qui ne sont plus du lait.

Ce qu’elle dit sur l’alimentation est précieux, et bien plus politique qu’il n’y paraît : on ne peut plus faire confiance par défaut à ce qu’on nous vend. La grande distribution rajoute du sucre dans les farines, du gluten dans les crèmes desserts, du lait dans les saucissons. Reprendre la main sur ce qu’on mange, c’est reprendre la main sur sa santé.

Petite mise au point d’ailleurs : Elisabeth et moi parlons d’expériences personnelles et de lectures. Pour un diagnostic précis (intolérance, allergie, SIBO, maladie auto-immune), parle à un professionnel de santé formé sur le microbiote. Le terrain est complexe, et chaque corps est différent.

🌾 L’expertise d’Elisabeth Loncke sur le sans gluten et sans lactose

Une expertise qui ne vient pas d’une école de cuisine, mais d’un corps qui n’a plus eu le choix.

Il y a dix ans, suite à son intoxication aux produits phytosanitaires, Elisabeth se retrouve avec plusieurs intolérances reconnues — gluten, lactose, et une longue liste d’allergies. Plus de pain. Plus de pâtes classiques. Plus de yaourts. Plus de pizzas chez des amis. Et très peu de ressources en France à cette époque.

Elle a alors fait ce que peu de personnes font : elle s’est formée elle-même. En lisant. En testant. En se tournant vers les alimentations d’autres cultures (l’Amérique du Sud, l’Asie, l’Espagne) qui vivent depuis toujours sans gluten ou sans lactose. Aujourd’hui, ce qu’elle partage repose sur trois principes simples.

1. Diversifier les farines plutôt que de subir le « sans »

Là où la cuisine française traditionnelle se résume à la farine de blé (et un peu de farine de sarrasin pour les galettes bretonnes), Elisabeth utilise une dizaine de farines : farine de millier, farine de sorgho, farine de châtaignes, farine de sarrasin, farine de maïs, farine de riz, farine de pois chiches. À cela s’ajoutent les fécules (tapioca, pomme de terre) qui allègent les préparations.

2. Le psyllium, l’ingrédient miracle peu connu

Le psyllium est une fibre végétale qui apporte du liant et du moelleux là où le gluten manque. Elisabeth le présente comme indispensable pour réussir un bon pain ou un gâteau sans gluten. Elle recommande le psyllium blond bio, qu’on trouve facilement en magasin bio.

3. Lire les étiquettes (vraiment)

Elisabeth alerte sur les pièges fréquents : du sucre rajouté dans les farines de marques distributeurs, du gluten dans les crèmes desserts ou les frites surgelées, du lactose dans certains saucissons, des « sans gluten » qui en contiennent en réalité (le seuil légal autorise une trace). Le logo « épi barré » ne veut pas dire « zéro gluten », mais « moins de X pour cent ».

Sa philosophie : peu d’ingrédients, beaucoup de sens

La signature des recettes d’Elisabeth, c’est leur simplicité : souvent deux ou trois ingrédients, des préparations rapides, accessibles, et qui ne donnent jamais l’impression d’être au régime. Son gâteau au chocolat nuage — œufs et chocolat, c’est tout — est devenu un classique de sa communauté.

Où retrouver ses recettes

  • Son livre : « Les recettes d’Elisabeth » — Albin Michel (sans gluten, sans lait, sans sucre, vegan et keto)
  • Son Instagram : @elisabeth_loncke (plus de 600 000 abonnés)
  • Ses recettes y sont partagées en accès libre — une générosité rare sur la plateforme

⚠️ Cet encart partage l’expérience et les choix alimentaires personnels d’Elisabeth Loncke. En cas d’intolérance suspectée, d’allergie, de SIBO ou de maladie auto-immune, parle à un professionnel de santé formé en micronutrition ou en microbiote.

La neuroatypie tardive : comprendre, enfin, son décalage

« Tout le monde ne pense pas comme moi. Tout le monde, quand il dit quelque chose, ne va pas forcément le faire. »

C’est par son fils qu’Elisabeth a découvert son propre fonctionnement. Détecté HPI au collège, son fils a été un miroir : « j’ai pris ça comme une claque ». Elle s’est testée. Et un mot a posé des décennies de questions : neuroatypie.

Ce que ça change ? Tout. Comprendre qu’on pense vite, qu’on ressent fort, qu’on s’adapte à un monde qui n’est pas fait pour ce mode de fonctionnement, ce n’est pas une étiquette en plus. C’est une carte qui aide à se reconnaître. Et à arrêter de se vivre comme « bizarre ».

Elisabeth raconte aussi un point important : autour de 35-50 ans, quand les hormones commencent à baisser, la suradaptation devient impossible. Le corps n’a plus la force de tenir la posture. Beaucoup de femmes qui « explosent » en périménopause ne sont pas en train de craquer — elles sont en train d’arrêter de mentir.

5 phrases à retenir de cet épisode

« Pour moi, la santé n’a pas de prix. »

— Sur le coût (réel) d’une alimentation consciente

« On a la vie qu’on crée, on a la vie qu’on ose aussi se créer. »

— Sur le passage à l’action

« Cette suradaptation n’est plus possible. C’est ce qui m’est arrivé. »

— Sur la périménopause qui démasque la suradaptation

« À chaque libération, je me sentais plus légère. »

— Sur les renoncements qui font du bien

« Si je ne montre pas l’exemple, qui le fera ? »

— Sur la responsabilité de transmettre

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Elisabeth Loncke

Autrice de Les recettes d’Elisabeth (Albin Michel) · Créatrice de recettes sans gluten et sans lactose · Suivie par plus de 600 000 personnes sur Instagram

Mariée à 19 ans à un homme choisi par ses parents, sans avoir pu faire d’études supérieures, Elisabeth a passé 15 ans comme responsable commerciale dans un négoce de produits agricoles. Une intoxication chronique aux produits phytosanitaires a été reconnue comme maladie professionnelle en 2013, et l’a obligée à tout reconstruire. Elle a profondément remanié son alimentation suite à de multiples intolérances, et partage aujourd’hui depuis l’Aveyron des recettes simples, sans gluten, sans lactose et souvent sans sucre. Elle est devenue grand-mère il y a un an.

📚 Le livre qu’elle recommande

Pendant l’épisode, Elisabeth évoque Philippe Guillemain, scientifique en physique quantique dont les recherches sur les synchronicités et l’invisible lui parlent particulièrement. Elle recommande Le virage de l’humanité, un livre qui prend le constat de la crise du Covid comme point de départ pour parler de l’éveil de conscience collective.

📖 « Le virage de l’humanité » — Philippe Guillemain

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